
- Thème: COMMENT FAIRE PROGRESSER L'ÉGALITÉ DES GENRES DANS LA RÉPONSE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
- Date: 21 au 23 Juin 2023
- Lieu: MEDCOP Climat, Tanger
Dans la région méditerranéenne, les effets du changement climatique fragilisent de manière irréversible les ressources, la biodiversité naturelle et fait progresser la désertification. En cause, l’explosion démographique, l’industrie, le tourisme, l’agriculture et l’exploitation intensive des ressources naturelles sans oublier la forte migration humaine que connait actuellement cette région du sud vers le nord et de l’est vers l’ouest pour des raisons économiques, politiques ou de guerres.
Dans ce contexte, à l’encontre des autres domaines, les inégalités de genre entraînent un impact disproportionné sur les femmes. En effet, les femmes sont plus vulnérables aux impacts du changement climatique que les hommes, car elles constituent la majorité des personnes pauvres de la planète et sont davantage dépendantes des ressources naturelles qui sont les plus menacées par le changement climatique.
C’est dans ce cadre qu’une session a été complètement dédiée aux démarches et politiques à mettre en place pour faire progresser l’égalité des genres dans toutes les politiques climatiques d’adaptation et d’atténuation.
- Le changement climatique augmente la mortalité infantile : Les enfants sont également particulièrement vulnérables à l’augmentation des températures, à l’atmosphère polluée entraînant une intensification des cas d’asthme et des problèmes pulmonaires chez les plus jeunes. Selon l’UNICEF, le changement climatique pourrait provoquer 250 000 décès supplémentaires chaque année chez les enfants, d’ici 2030.
- Le changement climatique entraine une augmentation des mariages des mineurs : La pauvreté et la faim provoquées par des catastrophes naturelles conduisent à une hausse de ce fléau. Selon l’UNICEF, 30 à 40% des mariages forcés des mineurs sont causés par le changement climatique
Le changement climatique a un impact sur les maladies vectorielles : Les changements climatiques engendrent une crise environnementale mais aussi sanitaire. En effet, de nombreuses maladies se révèlent être impactées par les changements climatiques. On peut citer comme exemple les chocs thermiques lors des canicules, la diarrhée, les affections respiratoires ou encore les maladies vectorielles comme le paludisme, la dengue transmises par les moustiques chez l’homme et les maladies transmises par les tiques chez les animaux. Selon l’OMS, Il est estimé que près de 250 000 décès supplémentaires annuels seraient dus à la malnutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress lié à la chaleur. Et ce entre 2030 et 2050, un avenir donc proche.
DÉFIS RENCONTRES
- Le plan d’action genre n’a pas de budget dédié, rendant sa mise en œuvre sujette aux difficultés financières des pays.
- La crise de Covid a privé les pays du sud des ressources nécessaires, a provoqué un recul significatif des droits des femmes et une augmentation des inégalités.
- Les financements climat pourraient ne répondent pas aux besoins des femmes locales et autochtones, pour garantir leur accès aux ressources et renforcer leur action climatique
- Les barrières structurelles qui empêchent la participation des femmes
- Absence d’actions de Renforcement de la visibilité des divers rôles que les femmes jouent déjà dans la transition énergétique et les aider à devenir des agents de transformation socio-économique dans leurs communautés.
Objectifs stratégiques
- La nécessité de remettre en question l’image traditionnelle des femmes en tant que « victimes » du changement climatique, – l’idée que les femmes sont des acteurs passifs.
- Assurer la participation effective des femmes, non seulement en tant que personnes touchées de manière disproportionnée par les effets du changement climatique et des catastrophes, mais aussi en tant qu’agents de changement, à la formulation et à la mise en œuvre de la réponse au changement climatique et aux catastrophes et de la réduction des risques.
- La nécessité d’adopter une approche intersectionnelle pour déterminer comment les effets néfastes du changement climatique ont des répercussions diverses sur différentes catégories et différents groupes (tels que les femmes autochtones, les femmes âgées, les femmes en situation de pauvreté, les femmes déplacées de force),
- La nécessité de prendre des mesures proactives, tant au niveau national qu’international, pour lutter contre les formes visibles et moins visibles de discrimination fondée sur le sexe et qui pourraient être exacerbées par l’exposition au changement climatique.
Principales recommandations
- Renforcer la capacité des femmes à jouir de leurs droits et libertés exige que les relations de pouvoir soient transformées en s’attaquant à des phénomènes sociaux tels que la pauvreté, le manque d’accès aux soins de santé et à l’éducation.
- Lancer un appel pour un changement de perspective ambitieux – pour passer d’une égalité impuissante à l’égalité puissante par la mise en œuvre effective des droits des femmes
- Définition de la portée de l’action, de la participation et du leadership des femmes dans l’action climatique à tous les niveaux.
- Adoption de stratégies innovantes pour catalyser les défis du temps en reconnaissant non seulement les besoins immédiats, mais aussi les besoins à plus long terme qui pourraient résulter de la discrimination temporelle.
- Garantir systématiquement des mécanismes de responsabilité et d’exécution.
- Accroître l’accessibilité du financement climatique en ancrant le principe de subsidiarité – la fourniture de financement climatique au niveau le plus local possible – dans l’allocation et la prise de décision en matière de financement climatique.
- Nommer des points focaux nationaux sur le changement climatique et le genre et à les soutenir en leur fournissant des ressources et des outils pour conduire leur mission.
- L’opérationnalisation d’un réseau de femmes méditerranéens face aux défis du changement climatique
- La prise en compte du rôle essentiel joué par les femmes et les filles dans toute leur diversité́ dans le secteur agricole, en particulier dans la mise en valeur des modèles agroécologiques, et les défis liés à l’accès à la terre et aux droits fonciers ;
- L’importance de travailler en collaboration entre acteurs publics et privés pour promouvoir la diversité et l’inclusion énergétique, construisant ainsi un avenir meilleur pour les communautés et pour la planète.
Principaux indicateurs
- Point focal en charge de la coordination : XXX
- Principaux groupe cibles: les organisations étatiques et non étatiques participants à la MEDCOP
- Nb de participants à l’évènement: 300 personnes
Next Step
- Renforcer le réseautage entre les associations qui plaident pour l’intégration de l’approche genre dans les programmes et les plans de développement au niveau des pays du bassin méditerranéen
- Plaider pour La nécessité de soutenir la société civile en finançant leur programme d’intervention concernant l’intégration du genre dans les projets climatiques.
- Renforcer le plaidoyer pour un accès équitable des femmes et les communautés locales au fond de financement climat..
From COP27 to COP 28
MEDCOP driving climate action in the Mediterranean
at local and regional levels
SESSION 2: “How to advance gender equality in climate change response”
SESSION 2 : Comment faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes dans la lutte contre le changement climatique
Vendredi 23 juin 2023, à 10H45
CONTEXTE
Dans la région méditerranéenne, les effets du changement climatique fragilisent de manière irréversible les ressources, la biodiversité naturelle et fait progresser la désertification. En cause, l’explosion démographique, l’industrie, le tourisme, l’agriculture et l’exploitation intensive des ressources naturelles sans oublier la forte migration humaine que connait actuellement cette région du sud vers le nord et de l’est vers l’ouest pour des raisons économiques, politiques ou de guerres.
Dans ce contexte, à l’encontre des autres domaines, les inégalités de genre entraînent un impact disproportionné sur les femmes. En effet, les femmes sont plus vulnérables aux impacts du changement climatique que les hommes, car elles constituent la majorité des personnes pauvres de la planète et sont davantage dépendantes des ressources naturelles qui sont les plus menacées par le changement climatique.
Les villes sont d’importants concentrateurs des effets multidimensionnels du changement climatique. Cela souligne la nécessité pour les collectivités locales et territoriales, en tant que niveau de gouvernance le plus proche de la population, de jouer un rôle de premier plan dans les efforts d’atténuation et d’adaptation au climat par le biais d’une approche intégrée et équitable. Grâce à cette proximité, les collectivités locales et territoriales peuvent être plus flexibles et adaptables dans l’élaboration de politiques et de programmes visant à relever les nouveaux défis qui découlent de l’évolution du changement climatique. En fait, les GRL sont souvent la source de solutions innovantes à des problèmes complexes, en particulier en temps de crise comme l’épidémie de COVID-19.
De plus, le sixième rapport d’évaluation du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) récemment publié portant sur les impacts, l’adaptation et les vulnérabilités (2022) souligne que : « se concentrer sur la fausse hypothèse que les femmes sont intrinsèquement vulnérables en raison de leur sexe biologique dénie l’existence de relations de pouvoir complexes, dynamiques et croisées, ainsi que les autres causes structurelles des inégalités de genre ». Les droits fondamentaux des femmes sont affectés par les inégalités conjuguées fondées sur l’âge, l’ethnie, le statut social ou économique. Or, les impacts différenciés de la crise climatique aggravent toutes les inégalités existantes.
Également l’impact différencié des changements climatiques sur les hommes et les femmes et de leurs conséquences en termes de jouissance des droits et libertés fondamentales. En effet, Les femmes et les hommes font l’expérience du changement climatique de manière différente, dans le sens que de par l’histoire, les inégalités entre les sexes ont limité la capacité des femmes à s’en sortir ils ne sont pas vécus par tous de la même manière.
La vulnérabilité au changement climatique n’est pas seulement due aux conditions environnementales et aux zones géographiques d’établissement des individus, mais elle également causée par d’autres facteurs, la culture et les normes sociales de genre prédominantes, la pauvreté qui sévit majoritairement en milieu de femmes , la position sociale des femmes les fragilise face au dérèglement climatique et elles comptent parmi les premières affectées, leurs capacités d’adaptation et leur résilience sont limitées par les normes sociales, Le changement climatique est considéré comme étant un enjeu majeur émergent qui, au-delà de la dimension environnementale, a des ramifications géopolitiques qui affectent le développement économique, la paix et la sécurité, la santé, ainsi que les droits humains des femmes et des jeunes filles.
Le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophes 2015-2030 inclut l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive parmi les mesures jugées importantes pour renforcer la résilience et donner les moyens d’agir aux personnes touchées de manière disproportionnée par les catastrophes. Le Nouvel Agenda urbain, adopté en 2016, souligne les menaces que le changement climatique fait peser sur les villes et autres espaces de regroupement humain et s’engage à promouvoir l’accès universel aux services de santé sexuelle et reproductive pour favoriser des sociétés saines.
La proportion croissante des femmes impactées par l’insécurité alimentaire à cause des changements climatiques en est un exemple de préoccupation globale. Bien qu’il soit encore difficile de déterminer le pourcentage exact, il est clair que pour résoudre ce problème, femmes de la région méditerranée demandent d’être reconnues pour leur action climatique dans tous les domaines, pas seulement l’adaptation ou la production alimentaire, mais aussi la transition énergétique, la transformation des modes de transport, qui doivent être « justes », la lutte contre la déforestation, la bonne gestion de l’eau, de la terre et de l’énergie.
Outre la crise climatique, la pandémie de COVID-19 et les conflits militaires exacerbent fortement les discriminations systémiques de genre à l’échelle mondiale.
Sur un autre plan, les femmes et les filles peuvent être des leaders et responsables du changement œuvrant efficacement et puissamment en faveur de l’adaptation aux changements climatiques et de leur atténuation. Elles participent à des initiatives de développement durable dans le monde entier, et leur participation et leur leadership se traduisent par une action climatique plus efficace. C’est pourquoi, il est essentiel d’explorer les opportunités à exploiter, ainsi que les contraintes à surmonter, dans les moyens d’action mis à la disposition des femmes et des filles pour qu’elles fassent entendre leur voix et jouent un rôle dans la prise de décisions liées au changement climatique et à la durabilité.
Une approche genre intersectionnelle et transformatrice fait encore défaut dans les feuilles de route nationales sur le climat, alors qu’elle est essentielle pour mettre en œuvre des réponses efficaces aux crises actuelles. Les politiques climatiques doivent inclure l’égalité des genres de manière transversale et à tous les niveaux afin de respecter les agendas de l’Accord de Paris et des Objectifs de Développement Durable, qui promettent de « ne laisser personne derrière ».
En 2015, la communauté internationale a adopté deux agendas majeurs : l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Accord de Paris. L’égalité des sexes et les préoccupations de genre ont été intégrées dans ces deux engagements mondiaux. En effet, l’égalité des sexes fait partie intégrante de l’agenda 2030, en reconnaissance du fait qu’elle ne peut être séparée des défis que représentent la pauvreté, la faim, la santé et le bien-être, la mortalité maternelle, les charges énergétiques et environnementales, les difficultés économiques, l’insécurité sociétale et la nécessité de s’adapter au changement climatique et d’en atténuer les effets. Les droits des femmes sont ainsi ciblés dans l’ensemble des ODDs.
La Convention Cadre des Nations Unis sur les Changements Climatiques, a à son tour mis dans le circuit des négociations à la COP23 le « Gender Action Plan (GAP) », initialement connu sous le nom du Lima Work Program depuis 2014. En effet, les 3 dernières COPs ont vu l’accélération du processus comme suit : Lors de la COP 25, les Parties ont convenu d’un programme de travail de Lima renforcé sur 5 ans sur le genre et de son plan d’action sur le genre (Décision 3/CP.25).
À la suite de l’adoption du nouveau Plan d’Action Genre en 2019, les mises à jour des contributions déterminées au niveau national (CDN) démontrent les efforts récents des Pays pour renforcer les politiques climatiques sensibles au genre. Toutefois, ces efforts sont insuffisants. Seules 21 % des CDN actualisées et/ou révisées comportent une analyse genre et seulement 18% de ces CDN identifient les femmes comme actrices du changement. S’inspirant de processus similaires, les GRL ont également été en première ligne pour rendre compte des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable. Grâce à la mise en œuvre des examens locaux volontaires, les collectivités locales et territoriales ont fait preuve de volonté et de capacité à rendre compte des progrès accomplis dans la réalisation des ODD au niveau local. De même, la relation entre le changement climatique et l’égalité des sexes a été soulignée dans le rapport spécial de CGLU sur l’égalité des sexes (ODD 5).
Lors de la COP 26, les Parties ont adopté la Décision 20/CP.26. La décision comprend, entre autres, des aspects de l’examen de la mise en œuvre du plan d’action pour l’égalité des sexes.
Lors de la COP 27, les Parties ont conclu l’examen intermédiaire de la mise en œuvre du plan d’action pour l’égalité des sexes qui a débuté à la SB 56 en juin 2022. L’examen comprenait des amendements à certains livrables et trois nouvelles activités dans les domaines prioritaires C et E (Décision 24/CP.27). Il faut signaler que 5 domaines prioritaires (A-E) avaient été arrêtés, et parmi les parties prenantes pour la mise en œuvre, les communautés locales constituent un des maillons importants.
Cependant, et selon de nombreux pays de la méditerranée, toutes ces négociations n’ont pas permis de faire cet examen détaillé, et que pour l’instant les propositions d’amélioration sont minimes, ne prenant pas du tout en compte les impacts dramatiques de la crise de Covid ou des conflits armés qui provoquent des crises économiques et alimentaires dans le monde entier.
Le Maroc, a mené des réformes importantes en termes de renforcement de l’égalité entre les sexes tant au niveau législatif que de politiques publiques ainsi qu’en matière de lutte contre le changement climatique. Son action dans le cadre de la mise en œuvre de l’Agenda 2030 pour le développement durable, l’Accord de Paris (2015), et le Programme de travail de Lima adopté à la COP 20, a donné lieu à des politiques nationales appropriées (Une stratégie d’institutionnalisation de l’égalité des genres dans le domaine du développement durable et du changement climatique, un plan national climat, une stratégie de développement bas carbone à l’horizon 2050, une contribution déterminée nationale et des stratégies sectorielles favorisant l’équilibre entre la dimension environnementale, économique et sociale.
En effet, les politiques d’atténuation et d’adaptation climatique peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur les conditions de vie des femmes, qui impactent grandement sur la communauté et sa capacité de résilience et ne peuvent de ce fait être efficaces qu’en prenant en compte les conditions de vie, les pratiques, besoins et motivations des femmes.
Une transition juste nécessite un changement conceptuel dans les politiques énergétiques et climatiques actuelles. Il est urgent de reconnaître les disparités de genre existant dans tous les aspects de la production et de la consommation d’énergie. Il faut augmenter de manière significative la participation des femmes dans le secteur des énergies renouvelables en forte croissance. Dans ce secteur clé de la transition climatique encore dominé par les hommes, il faut veiller à ce que les femmes puissent accéder aux opportunités pour développer des solutions énergétiques répondant aux besoins locaux et adaptés à leurs besoins
Enfin, le leadership et la voix des femmes sont essentiels pour lutter contre le changement climatique et garantir une planète durable. En tant que dirigeantes, agricultrices, investisseuses et chefs de famille, les femmes prennent des décisions et mènent des actions qui transforment la planète. Aussi, la voix, le rôle et le leadership des femmes dans les réponses à venir sont essentiels pour l’atteinte d’un avenir durable et plus égalitaire.
OBJECTIFS
Alors que les pays méditerranéens élaborent des politiques climatiques aux niveaux national et infranational, les recherches menées par le FNUAP, ONU Femmes, AFD, CGLU et d’autres organisations montrent que l’égalité des sexes n’est pas suffisamment prise en compte et doit être renforcée. En effet, même lorsqu’il est fait référence aux préoccupations de genre, les acteurs butent sur les mesures concrètes à même de rendre ces politiques opérationnelles.
Ce panel de discussion « Faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes dans la lutte contre le changement climatique, organisé à l’occasion de la MEDCOP Climat Tanger 2023, le 22 juin 2023, permettra un échange, un partage d’expérience et de bonnes pratiques, de savoir-faire, et de témoignages, sur les enjeux croisées entre les changements climatiques et les droits humains des femmes et des jeunes filles à l’égalité , la dignité et un accès équitable aux ressources et aux droits fondamentaux, mettant notamment en lumière quelques initiatives d’intégration du genre et d’adaptation au changement climatique réalisées au niveau de la région méditerranéenne.Ilexaminera comment les politiques de changement climatique gérant de manière multiniveaux peuvent contribuer au rôle central que jouent les femmes dans la résilience aux effets du changement climatiques.
Il aura pour objectifs principaux de :
- Discuter les modalités et les approches à adopter pour intégrer l’égalité des sexes dans la planification et l’action multiniveaux en matière de changement climatique, ainsi que l’harmonisation de la planification et des politiques en matière de genre et de changement climatique entre les différents ministères et secteurs d’un pays.
- Débattre des différentes opportunités et défis liés à l’égalité de genre, à l’environnement et à l’adaptation au changement climatique.
- Discuter des défis à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes dans les pays du sud de la Méditerranée.
- Identifier les moyens nécessaires pour surmonter les menaces et les vulnérabilités liées au climat.
- Mettre en relief les initiatives innovantes en matière d’implication des femmes dans les projets d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique.
- Proposer des éléments concrets et effectifs de réponse et de plaidoyer en faveur de l’intégration de l’égalité de genre dans la lutte climatique.
- Proposer des solutions à une meilleure prise en compte de l’égalité de genre qui seraient proposées et défendues lors de la COP28 aux Emirats Arabes Unies.
Les panélistes présenteront les expériences de leur pays en matière d’intégration du genre dans la politique climatique, et comment ces derniers ont fait progresser l’égalité des sexes dans la réponse au changement climatique, en soulignant les principaux facteurs influençant ces changements et les principaux enseignements et défis, en répondant à une ou plusieurs des questions suivantes :
- Comment les changements climatiques influencent l’égalité fondamentale et la jouissance effective et équitable des droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles ? quels sont les facteurs influençant ces changements et les principaux enseignements et défis ?
- Comment l’égalité des genres est intégrée dans les politiques locales, nationales et globales, (Accord de Paris ? NDC ?
- Comment les politiques climatiques abordent-elles la question du genre ? Y-a-t-il des progrès en matière d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes dans la région Méditerranéenne ?
- Quel a été le processus d’intégration de la dimension de genre ? Quels sont les services impliqués et quelle est la structure de coordination et d’harmonisation du genre et du changement climatique au sein de votre gouvernement ? Quels ont été les principaux obstacles rencontrés ?
- Quelles seraient certaines dispositions essentielles sur l’égalité des sexes et les droits des femmes qui devraient se refléter dans ces stratégies ?
- Quelles directives spécifiques au genre suggéreriez-vous aux décideurs d’utiliser lors de la conception et de la mise en place d’une infrastructure physique qui facilite l’adaptation ou l’atténuation du changement climatique ? et la mise en place du nouveau fond sur les pertes et dommages ?
- De quelle manière la technologie utilisée pour lutter contre le changement climatique a intégré les préoccupations du genre ?
- Quels sont les leviers d’actions clés pour assurer le leadership des femmes dans la lutte contre les effets du changement climatique ?
- Exemples de la manière dont le genre peut être efficacement intégré dans les propositions nationales, ainsi que des exemples de résultats significatifs en matière de genre provenant de programmes financés par le GCF seront présentés.
PARTICIPANTES
- Acteurs nationaux, régionaux et locaux
- Les organismes Etatiques et non Etatiques.
- Universitaires,
- Les Bailleurs travaillant dans le domaine de l’autonomisation des femmes et des droits Humains en général.
- Les ONG méditerranéennes et internationales.
- Le secteur privé
Discours et ou intervention des membres du CGI
Je tiens à remercier les organisateurs de la Medcop d’avoir intégré la société civile dans le débat concernant les CC et aussi d’avoir intégré dans le programme un hub concernant le genre et le climat.
En ce qui concerne le rôle que peut jouer la société civile dans l’agenda climatique , il est important de signaler que les organisations de la société civile devraient jouer un rôle centrale dans le plaidoyer ,les négociations et la mise en œuvre des accords des nations unis en matière des CC, car les questions relatives aux CC ne sont pas seulement de nature politique mais c’est aussi une affaire liée au comportement de la société et du coup, la société civile devrait être considéré comme un partenaire actif et non un simple observateur.
En ce qui concerne l’intégration de la dimension genre dans les stratégies et les plans climats est tout d’abord une question d’équité et d’égalité , en effet, considérant les inégalités entre les femmes et les hommes , toute politique qui ne tient pas compte du genre risque de renforcer ces inégalités , les femmes doivent avoir une place égale à celle de l’homme notamment dans la prise de décision liée au DD et aux efforts de lutte contre les CC à tous les niveaux de gouvernance tant au sein de l’état que dans la société civile, c’est pour cela que la FCGI depuis sa création en 2012 a œuvré pour plaider pour plus de femmes dans les postes de prise de décision et ce, à travers le renforcement du leadership féminin, la formation et le renforcement des capacités des femmes dans les domaines politiques , économiques, sociales et environnementales et aussi à travers la sensibilisation des femmes pour une meilleure implication des femmes dans la gestion de la chose publique.
Les membres du CGI ayant accédé aux postes de décision sont tenues de veiller à l’intégration de l’approche genre dans les programmes , les plans et les stratégies qui relèvent de leur secteur d’activité à titre d’exemple : plusieurs femmes élues du CGI ont veillé à l’intégration de l’approche genre dans les plans communaux et les plans climats, aussi le CGI compte parmi ces membres des femmes ministres tel que Mme Bouchareb la vice-présidente de la maison du climat méditerranéenne et Ex ministre de l’habitat qui a été à l’origine de l’intégration du genre dans les cahiers de charge concernant les travaux d’aménagement des villes.
Aussi le CGI, mène plusieurs campagnes de sensibilisation à travers les conférences qu’il organise et interpelle les décideurs à intégrer l’approche genre dans tous les documents de planification et projet notamment ceux en rapport avec le climat et les ODD.
A ce jour, le CGI a organisé plus de 40 conférences et compte 2000 membres composés de femmes de différents horizons qui sont mobilisées pour appuyer d’autres femmes notamment les plus vulnérables, qui sont issues du monde rurale, dans leurs projets notamment les projets de préservation des savoirs faire ancestraux considérés comme solution de lutte contre les CC et de renforcement de résilience dans les populations locales.
Recommandations :
- Renforcer le réseautage entre les associations qui plaident pour l’intégration de l’approche genre dans les programmes et les plans de développement au niveau des pays du bassin méditerranéen, à ce titre il est important de rappeler que la MEDCOP 2016 avait lancé un réseau de Femmes méditerranéennes pour le climat lequel réseau a été lancé par la société civile et nous plaidons aujourd’hui pour l’accélération de l’opérationnalisation de ce réseau.
- La nécessité de soutenir la société civile en finançant leur programme d’intervention concernant l’intégration du genre dans les projets climatiques.
- Renforcer le plaidoyer pour un accès équitable des femmes et les communautés locales au fond de financement climat.
- Elaborer des projets visant à renforcer le rôle des femmes rurales dans l’action climatique et des ressources naturelles.
- Renforcer les capacités de la société civile pour la mise e place d’un système de veille et de contrôle permettant le suivi de l’intégration de l’approche genre dans programmes et les plans climatiques.
Contenu de la déclaration final de la session11
SESSION 11 : COMMENT FAIRE PROGRESSER L’EGALITE DES GENRES DANS LA REPONSE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
- La nécessité de remettre en question l’image traditionnelle des femmes en tant que « victimes » du changement climatique, – l’idée que les femmes sont des acteurs passifs.
- Assurer la participation effective des femmes, non seulement en tant que personnes touchées de manière disproportionnée par les effets du changement climatique et des catastrophes, mais aussi en tant qu’agents de changement, à la formulation et à la mise en œuvre de la réponse au changement climatique et aux catastrophes et de la réduction des risques.
- La nécessité d’adopter une approche intersectionnelle pour déterminer comment les effets néfastes du changement climatique ont des répercussions diverses sur différentes catégories et différents groupes (tels que les femmes autochtones, les femmes âgées, les femmes en situation de pauvreté, les femmes déplacées de force),
- La nécessité de prendre des mesures proactives, tant au niveau national qu’international, pour lutter contre les formes visibles et moins visibles de discrimination fondée sur le sexe et qui pourraient être exacerbées par l’exposition au changement climatique.
- Renforcer la capacité des femmes à jouir de leurs droits et libertés exige que les relations de pouvoir soient transformées en s’attaquant à des phénomènes sociaux tels que la pauvreté, le manque d’accès aux soins de santé et à l’éducation.
- Lancer un appel pour un changement de perspective ambitieux – pour passer d’une égalité impuissante à l’égalité puissante par la mise en œuvre effective des droits des femmes
- Définition de la portée de l’action, de la participation et du leadership des femmes dans l’action climatique à tous les niveaux.
- Adoption de stratégies innovantes pour catalyser les défis du temps en reconnaissant non seulement les besoins immédiats, mais aussi les besoins à plus long terme qui pourraient résulter de la discrimination temporelle.
- Garantir systématiquement des mécanismes de responsabilité et d’exécution.
- Accroître l’accessibilité du financement climatique en ancrant le principe de subsidiarité – la fourniture de financement climatique au niveau le plus local possible – dans l’allocation et la prise de décision en matière de financement climatique.
- Nommer des points focaux nationaux sur le changement climatique et le genre et à les soutenir en leur fournissant des ressources et des outils pour conduire leur mission.
- L’opérationnalisation d’un réseau de femmes méditerranéens face aux défis du changement climatique
- La prise en compte du rôle essentiel joué par les femmes et les filles dans toute leur diversité́ dans le secteur agricole, en particulier dans la mise en valeur des modèles agroécologiques, et les défis liés à l’accès à la terre et aux droits fonciers
- L’importance de travailler en collaboration entre acteurs publics et privés pour promouvoir la diversité et l’inclusion énergétique, construisant ainsi un avenir meilleur pour les communautés et pour la planète.

